Jean-Michel Blanquer l’a annoncé officiellement mercredi 14 février 2018 : le futur baccalauréat, qui entrera en vigueur lors de la session 2021, sera désormais évalué par le contrôle continu, à hauteur de 40 %. La disparition des séries en voie générale a également été entérinée.

“En préparant le bac, on se prépare à ce qui fait suite.” C’est ainsi que Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, a résumé la réforme du baccalauréat et du lycée présentée en Conseil des ministres, puis en conférence de presse, mercredi 14 février 2018.

Le futur bac, qui entrera en vigueur lors de la session 2021, est fidèle sur bien des points aux propositions émanant du rapport Mathiot, la “base [du] travail” du ministre. Les candidats à l’examen de fin d’études secondaires ne passeront plus que quatre épreuves terminales (cinq, si l’on ajoute l’épreuve anticipée, écrite et orale, de français), de manière à être “fidèle à la promesse du président de la République“, a insisté Jean-Michel Blanquer. Ces épreuves compteront pour 60 % de la note totale de l’examen.

Deux de ces épreuves porteront sur les disciplines de spécialité choisies par l’élève. Elles se dérouleront au retour des vacances de printemps, afin de pouvoir être comptabilisées dans Parcoursup. Son calendrier reculera d’ici à 2021. Les mentions et les rattrapages oraux, eux, sont maintenus.

40 % de contrôle continu

Les deux autres épreuves seront la philosophie et un oral, “l’innovation majeure de ce baccalauréat”, selon Jean-Michel Blanquer. Il durera vingt minutes, sera passé individuellement et sera consacré à un projet préparé par l’élève, d’abord en groupe, en première, puis individuellement, en terminale. Cette épreuve devrait permettre, selon le ministre, de “s’orienter davantage, au cours des années lycée, vers l’acquisition des compétences fondamentales” et d’aller ainsi vers “plus d’égalité”.

Mais une des grandes (r ) évolutions de ce baccalauréat nouvelle formule est bien la prise en compte du contrôle continu, qui comptera pour 40 % de la note totale de l’examen, sous deux modalités différentes. Les lycéens passeront trois sessions d’épreuves ponctuelles durant le cycle terminal (première et terminale) sur toutes les matières étudiées. Celles-ci compteront pour 30 % de la note. Les sujets seront tirés d’une “base nationale”, les copies seront anonymes et corrigées par d’autres enseignants que ceux de l’élève.

Si le nombre d’enseignants est insuffisant, le ministre laisse la possibilité aux lycées d’échanger leurs copies avec les établissements à proximité. Les dates de ces épreuves ponctuelles seront fixées par les lycées, même si le ministère propose que les deux sessions de première se déroulent en janvier et en avril et celle de terminale en décembre.

Les 10 % restants de la note seront établis à partir des bulletins scolaires de première et de terminale de l’élève. La prise en compte du contrôle continu pour le baccalauréat répond à la nécessité, selon Jean-Michel Blanquer”, “de ne pas tout jouer sur une seule session d’examen, d’éviter les accidents”. En outre, cela “incite à travailler en continu plutôt que de bachoter”, ajoute-t-il. Globalement, selon le ministre, “les vertus du nouveau baccalauréat sont plus d’égalité, plus de liberté, plus de véritables réussite, plus de simplicité et plus de modernité”.

Concernant l’organisation du lycée, la réforme entérine la fin des séries générales (les séries technologiques, elles, demeurent), remplacées par des “spécialités”. L’objectif ? “Se conformer aux choix qui correspondent le plus aux goûts des élèves”, souligne Jean-Michel Blanquer. Cette future organisation du lycée s’avérera “beaucoup plus simple que les séries actuelles”, assure-t-il.

Un socle et des spécialités

La voie générale sera, à partir de la rentrée 2019, pour les élèves entrant en première, un “socle de culture commune”, composé des disciplines suivantes : français (puis philosophie en terminale), histoire-géographie, deux langues vivantes, EPS et une nouvelle discipline, appelée “humanités scientifiques et numériques”.

Les contours de cet enseignement restent flous pour le moment, son nom pouvant même évoluer d’ici à sa mise en œuvre. Jean-Michel Blanquer a simplement indiqué qu’il pourrait s’agir notamment de “sciences, de philosophie, d’histoire-géographie”. Elle sera dispensée par des enseignants de plusieurs disciplines, “en coopération”. Le ministre a également laissé entendre qu’un plan de formation au numérique pour les enseignants serait à l’étude.

En plus de ce socle, les élèves devront choisir trois spécialités en première (quatre heures hebdomadaires pour chaque choix), puis deux en terminale (six heures hebdomadaires chacune) parmi : arts ; écologie, agronomie et territoires ; histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques ; humanités, littérature et philosophie ; langues et littératures étrangères ; mathématiques ; mathématiques et sciences informatiques ; SVT ; sciences de l’ingénieur : sciences économiques et sociales ; physique-chimie.

Les élèves pourront changer de spécialités entre la première et la terminale, “en concertation avec l’équipe pédagogique”. Il ne sera en revanche pas possible d’en changer en cours d’année, comme il était proposé dans le rapport Mathiot. L’année reste organisée en trimestres.

Enfin, outre le socle de culture commune et les spécialités, les lycéens suivront, en première et en terminale, un temps d’une heure trente par semaine consacré à l’orientation.

Des possibilités différentes selon les lycées

L’éventail des possibilités pour les élèves ne devrait pas être le même d’un lycée à un autre. Si le ministre assure qu’il n’y aura “pas de mariage obligé”, autrement dit de deuxième discipline imposée en cas de choix d’une première, les élèves ne pourront pas forcément choisir la “doublette” qu’ils souhaiteront.

“Il n’y aura pas dans chaque lycée les 30 doublettes”, admet Jean-Michel Blanquer, même s’il précise que l’idée est que le choix soit “le plus large possible”. Les établissements auront d’ailleurs une marge de liberté pour, selon ses termes, “[en] proposer une que l’on ne trouve pas ailleurs”, avec une marge élargie pour les “établissements défavorisés”. Reste à voir si ces différences entre établissements quant au catalogue de spécialités proposées influe sur l’orientation des élèves dans l’enseignement supérieur.

Le calendrier en quelques dates

D’ici au printemps 2018 : changement de nom de la classe de terminale. Jean-Michel Blanquer a indiqué que “classe de maturité” était l’une des possibilités.
Rentrée 2018 : mise en place, pour les élèves de seconde, de 54 heures annuelles sur l’orientation, d’un test de positionnement numérique de français et de mathématiques passé en début d’année, ainsi que de deux heures d’accompagnement personnalisé hebdomadaires, dédiées à la maîtrise de l’expression écrite et orale.
Fin 2018 : publication des nouveaux programmes de première et de terminale. Le ministre a saisi le Conseil supérieur des programmes sur ce point.
Rentrée 2019 : mise en œuvre de la nouvelle organisation de la classe de première et des nouvelles modalités du baccalauréat, ainsi que du contrôle continu pour les élèves de première. Déploiement des nouveaux programmes.
Rentrée 2020 : mise en œuvre de la nouvelle organisation de la classe de terminale et des nouvelles modalités du baccalauréat, ainsi que du contrôle continu pour les élèves de terminale.

Source : EduPros 15/02/2018

http://www.letudiant.fr/educpros/actualite/reforme-du-bac-instauration-controle-continue-fin-series-generales.html